Les probiotiques contre la mauvaise haleine : lesquels sont vraiment efficaces ?

Leila WehrhahnMis à jour :

Les choses les plus importantes en bref

La mauvaise haleine est souvent liée à un déséquilibre du microbiome buccal ou intestinal. Certains probiotiques, notamment Lactobacillus salivarius (en particulier Oral S1), L. reuteri, L. acidophilus, Streptococcus salivarius et Weissella cibaria, peuvent réduire les micro-organismes indésirables et limiter les composés soufrés volatils. Une flore intestinale saine, soutenue par une alimentation équilibrée et peu acidifiante, ainsi qu’une hygiène bucco-dentaire rigoureuse et une bonne hydratation, sont essentielles pour prévenir et combattre durablement la halitose.

Halitose ou mauvaise haleine est un état inconfortable qui peut sérieusement affecter la confiance en soi d'une personne et la qualité de ses interactions sociales. Les causes sont multiples : alimentation, hygiène bucco-dentaire insuffisante, tabac, sécheresse buccale, mais aussi composition du microbiote buccal et intestinal. Parmi les approches actuellement étudiées, l'une des pistes les plus intéressantes pour limiter et prévenir la mauvaise haleine est l'utilisation de probiotiques. Des travaux scientifiques suggèrent que certains probiotiques, en influençant le microbiome buccal, pourraient jouer un rôle dans la réduction de la mauvaise haleine en complément d’une bonne hygiène bucco-dentaire (1)(2).

Quels probiotiques sont efficaces contre la mauvaise haleine?

Plusieurs études ont montré que certains types de bactéries probiotiques pourraient aider à combattre la mauvaise haleine en modifiant l’équilibre microbien de la bouche (1)(2). Ces bactéries comprennent Lactobacillus salivarius, Lactobacillus reuteri, Streptococcus salivarius et Weissella cibaria. Ces probiotiques intéressent les chercheurs pour leur capacité potentielle à concurrencer des micro-organismes indésirables dans la bouche et à favoriser un microbiote buccal plus équilibré.

Les recherches portent notamment sur la manière dont ces bactéries peuvent influencer la production de composés soufrés volatils (CSV), souvent associés à la mauvaise haleine. Certains souches semblent capables de limiter la formation de ces composés ou de produire des substances qui en réduisent l’impact olfactif (2).

📋 Pour résumer

Certains probiotiques buccaux font l’objet d’études pour leur capacité à rééquilibrer le microbiote de la bouche et à réduire la production de composés responsables de la mauvaise haleine.

Quels probiotiques utiliser en cas de mauvaise haleine ?

Un rôle particulier dans la lutte contre la mauvaise haleine est attribué dans la littérature scientifique à certaines souches spécifiques de Lactobacillus salivarius, comme Lactobacillus salivarius Oral S1. Des recherches indiquent que ce type de probiotique pourrait aider à rétablir un équilibre microbien plus favorable dans la bouche (1). L’idée n’est pas d’« éradiquer » toutes les bactéries, mais de soutenir la présence de micro-organismes bénéfiques.

Dans les compléments dédiés à l’hygiène buccale, on retrouve aussi fréquemment des souches comme Streptococcus salivarius (par exemple K12 ou M18), Lactobacillus reuteri ou encore Weissella cibaria, qui font l’objet d’études pour leur interaction avec le microbiote buccal et les composés responsables de la mauvaise haleine (2)(3). Certains compléments proposent une combinaison de souches, afin de couvrir plusieurs mécanismes potentiels : concurrence avec les bactéries indésirables, production de substances antimicrobiennes, ou encore modulation de l’environnement buccal.

En pratique, le choix d’un probiotique se fait souvent en fonction :

  • des souches précisément indiquées sur l’étiquette (idéalement identifiées par un code de souche) ;
  • de la forme galénique (pastilles à sucer, comprimés à croquer, poudre, gélules) qui peut influer sur le temps de contact avec la bouche ;
  • des conseils d’utilisation (durée de la prise, moment de la journée, prise avec ou sans nourriture).

Il est recommandé de suivre les indications du fabricant et, en cas de doute ou de situation particulière (traitement médical en cours, pathologie connue, grossesse…), de demander l’avis d’un professionnel de santé.

📋 Pour résumer

Les souches comme Lactobacillus salivarius, Streptococcus salivarius, Lactobacillus reuteri ou Weissella cibaria sont particulièrement étudiées pour la mauvaise haleine, souvent sous forme de compléments spécifiquement formulés pour la bouche.

Quels types de bactéries intestinales provoquent la mauvaise haleine?

Il existe certaines bactéries intestinales qui peuvent contribuer à une mauvaise haleine et d'autres qui pourraient, au contraire, participer à un meilleur équilibre. Des recherches ont mis en lumière le rôle de certaines souches comme Lactobacillus salivarius, Lactobacillus reuteri, Lactobacillus acidophilus, Streptococcus salivarius et Weissella cibaria dans la modulation des populations microbiennes, tant au niveau intestinal que buccal (3).

Weissella cibaria a notamment montré, dans des études préliminaires, un potentiel pour inhiber la production de composés soufrés volatils qui sont associés à la mauvaise haleine (2). La recherche s’intéresse aussi à la manière dont l’équilibre global du microbiote intestinal pourrait influencer l’haleine via la production de gaz, le reflux gastro-œsophagien ou certaines fermentations excessives.

L’objectif n’est donc pas de « supprimer » toutes les bactéries intestinales, mais plutôt de favoriser une diversité microbienne compatible avec une bonne digestion et un confort intestinal. Une flore intestinale déséquilibrée peut, selon les études, être associée à des désagréments digestifs et à la formation de composés odorants pouvant remonter jusqu’à la bouche (3).

📋 Pour résumer

Le microbiote intestinal, lorsqu’il est déséquilibré, peut contribuer indirectement à une mauvaise haleine, d’où l’intérêt porté aux probiotiques et à l’alimentation pour soutenir une flore variée.

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Que faire contre la mauvaise haleine provenant de l'intestin?

Pour lutter contre la mauvaise haleine provenant de l'intestin, il est important de soutenir une flore intestinale saine et un bon confort digestif. Une des approches possibles, souvent évoquée, est de limiter les excès d’acidité digestive en privilégiant une alimentation plus équilibrée. Évitez dans la mesure du possible les plats très transformés, riches en sucres ajoutés et en graisses de mauvaise qualité, et privilégiez les fruits, les légumes, les céréales complètes et les aliments riches en fibres, qui nourrissent certaines bactéries intestinales bénéfiques (3).

Une alimentation régulière et équilibrée, associée à une bonne hydratation, peut contribuer à réduire certaines fermentations excessives dans l’intestin et donc limiter la formation de gaz malodorants. Certaines personnes s’intéressent également à la consommation d’aliments fermentés (yaourt, kéfir, choucroute, kimchi, etc.), qui apportent naturellement des bactéries vivantes, ainsi qu’à des compléments probiotiques ciblés.

En cas de mauvaise haleine persistante d’origine supposée digestive, il reste toutefois utile de consulter un professionnel de santé afin d’exclure ou d’identifier d’éventuels troubles gastro-intestinaux sous-jacents (reflux, intolérances alimentaires, etc.).

📋 Pour résumer

Une alimentation variée, riche en fibres et peu transformée, associée à une bonne hydratation, peut soutenir la flore intestinale et limiter certains facteurs digestifs pouvant contribuer à la mauvaise haleine.

Que faire contre la mauvaise haleine fécale?

La mauvaise haleine dite « fécale » peut être perçue comme particulièrement incommodante. Elle peut être liée à une mauvaise hygiène bucco-dentaire, mais aussi à des facteurs digestifs ou ORL. Sur le plan de la bouche, il est crucial de nettoyer régulièrement et soigneusement les dents, les espaces interdentaires et la langue. La langue, en particulier, peut héberger une quantité importante de bactéries et de débris alimentaires : son nettoyage à l’aide d’un gratte-langue ou d’une brosse adaptée est souvent recommandé par les professionnels de l’hygiène bucco-dentaire (4).

Une hydratation adéquate est également essentielle pour soutenir la sécrétion salivaire, qui participe au nettoyage naturel de la bouche. Une salive insuffisante (bouche sèche) peut favoriser la stagnation des débris alimentaires et des bactéries à l’origine d’odeurs désagréables.

D’autres mesures d’hygiène de vie peuvent être utiles, comme la réduction du tabac et de l’alcool, la limitation de certains aliments fortement odorants (ail, oignon, certaines épices) avant des situations sociales importantes, ou encore l’utilisation de bains de bouche adaptés en complément du brossage, en respectant bien les recommandations d’utilisation.

Si la mauvaise haleine persiste malgré une bonne hygiène, un suivi avec un dentiste, puis éventuellement un médecin ou un ORL, peut permettre de rechercher d’autres causes potentielles (problèmes parodontaux, amygdales cryptiques, troubles digestifs, etc.) (4).

📋 Pour résumer

Un nettoyage minutieux des dents, des espaces interdentaires et de la langue, combiné à une bonne hydratation et à l’avis d’un professionnel en cas de persistance, est central pour gérer une mauvaise haleine marquée.

Conclusion

Bien que la mauvaise haleine soit un problème courant, il existe différentes manières de la gérer au quotidien. Une hygiène bucco-dentaire rigoureuse, une alimentation équilibrée et une bonne hydratation en constituent la base. L'une d'entre elles est l'utilisation de probiotiques, qui font l’objet de recherches pour leur capacité potentielle à rééquilibrer le microbiote buccal et intestinal et à limiter la production de composés responsables des mauvaises odeurs (1)(2)(3). En comprenant quels probiotiques peuvent aider contre la mauvaise haleine et comment ils interagissent avec le microbiote, vous pouvez prendre une décision plus éclairée, en complément des conseils de votre dentiste ou de votre médecin.

Références

  1. Probiotics and oral health – Devine DA, Marsh PD – Periodontology 2000 – https://onlinelibrary.wiley.com/
  2. Effect of Weissella cibaria on volatile sulfur compounds in oral malodor – Kang MS et al. – Journal of Clinical Periodontology – https://onlinelibrary.wiley.com/
  3. The gut microbiome and its potential role in halitosis – Seerangaiyan K. et al. – Journal of Breath Research – https://iopscience.iop.org/
  4. Halitosis: a review of the literature – Porter S., Scully C. – Journal of Dentistry – https://www.sciencedirect.com/

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