A partir de quand faut-il prendre des oméga-3 pendant la grossesse ?
Leila WehrhahnMis à jour :Les choses les plus importantes en bref
Les oméga-3, en particulier le DHA, sont essentiels pendant la grossesse pour le développement neurologique et visuel du fœtus et la santé maternelle. Il est recommandé de commencer avant la conception, puis de poursuivre durant toute la grossesse et l’allaitement, avec une attention particulière à partir de la 25e semaine. La prise doit se faire de préférence pendant un repas, idéalement au petit déjeuner, pour une meilleure absorption. Un apport insuffisant peut augmenter le risque d’allergies, de dermatite atopique et d’asthme chez l’enfant.
La question des compléments alimentaires pendant la grossesse est cruciale pour le développement optimal de l'enfant et le bien-être général de la mère. Parmi les compléments les plus discutés, les oméga-3, notamment l’acide docosahexaénoïque (DHA) et l’acide eicosapentaénoïque (EPA), attirent un intérêt scientifique croissant. Comprendre quand commencer à prendre des oméga-3, sous forme alimentaire ou de complément, peut aider à préparer le corps de la meilleure manière possible pour la grossesse.
À partir de quand faut-il prendre des oméga-3 pendant la grossesse ?
Il est souvent conseillé de commencer à intégrer des oméga-3 dans son régime alimentaire avant même la conception, en particulier si l’on consomme peu de poissons gras ou d’aliments riches en oméga-3. Cela permet de reconstituer progressivement les niveaux d'oméga-3 DHA dans l'organisme afin de préparer le corps à offrir un environnement nutritionnellement favorable au développement du fœtus dès les premiers jours de la grossesse (1).
Les recommandations nutritionnelles soulignent généralement l’importance d’un apport régulier en oméga-3 tout au long de la grossesse plutôt que d’un apport ponctuel. Ainsi, de nombreuses personnes choisissent d’augmenter leur consommation d’aliments sources d’oméga-3 (poissons gras, huiles végétales, graines, noix) plusieurs semaines, voire plusieurs mois avant la conception, en complément d’une alimentation équilibrée.
Commencer à augmenter ses apports en oméga-3 avant la conception permet de constituer des réserves utiles pour les premiers stades de la grossesse.
Sources alimentaires et compléments
Avant de se tourner vers un complément, il est généralement recommandé de privilégier les sources alimentaires d’oméga-3 lorsque c’est possible. Les principales sources sont les poissons gras (saumon, maquereau, sardines), certaines huiles (colza, lin, noix), ainsi que les graines de lin et de chia (2). Ces aliments apportent naturellement des acides gras oméga-3 à intégrer dans un régime varié.
Lorsque l’alimentation ne couvre pas suffisamment les besoins estimés, ou en cas de préférences alimentaires spécifiques (régime végétarien ou végétalien, faible consommation de poisson), certaines personnes se tournent vers des compléments à base d’huile de poisson ou d’algues, après avis d’un professionnel de santé. Les compléments à base d’algues constituent une source intéressante de DHA pour celles et ceux qui ne consomment pas de produits d’origine animale.
Les oméga-3 peuvent être obtenus via l’alimentation (poissons gras, huiles, graines) et, si besoin, complétés par des gélules adaptées au profil alimentaire.
Quel est le meilleur moment de la journée pour prendre des oméga-3 ?
Pour une absorption optimale, il est généralement préférable de prendre des oméga-3 pendant les repas. En effet, la digestion des graisses est alors activée, ce qui favorise une meilleure assimilation des acides gras essentiels. Prendre des oméga-3 à jeun peut réduire leur assimilation car la digestion des graisses est moins stimulée.
Beaucoup de personnes choisissent de prendre leurs oméga-3 le matin, pendant le petit-déjeuner, ou au déjeuner, car cela s’intègre facilement dans la routine quotidienne. L’essentiel est de les prendre au cours d’un repas contenant un peu de matière grasse (huile d’olive, avocat, oléagineux, etc.) pour favoriser leur biodisponibilité.
Les oméga-3 sont généralement mieux assimilés lorsqu’ils sont pris pendant un repas contenant un peu de graisses.

Gélule omega 3
Que se passe-t-il si on consomme peu d'oméga-3 pendant la grossesse ?
Une alimentation pauvre en oméga-3 pendant la grossesse peut influencer les apports en acides gras de la mère et du fœtus. La littérature scientifique s’intéresse depuis plusieurs années au lien entre l’apport en oméga-3 et divers paramètres liés au développement de l’enfant, comme certaines fonctions cérébrales, visuelles ou encore certains marqueurs immunitaires (1)(3). Les résultats restent toutefois variables d’une étude à l’autre, ce qui explique que les experts insistent surtout sur la notion d’« apport adéquat » plutôt que sur des promesses de résultats précis.
Certaines recherches se penchent également sur la relation entre les apports en oméga-3 pendant la grossesse et la probabilité de développer plus tard des troubles comme les allergies, la dermatite atopique ou l’asthme, sans pour autant permettre de conclure à un effet de prévention garanti (3). Les oméga-3 sont aujourd’hui plutôt considérés comme des nutriments qui participent à l’équilibre global de l’alimentation maternelle, dans le cadre d’un mode de vie sain.
Un faible apport en oméga-3 intéresse les chercheurs pour son lien potentiel avec le développement de l’enfant, mais les études ne permettent pas de tirer des conclusions définitives.
Combien de temps faut-il prendre des oméga-3 pendant la grossesse ?
Les recommandations nutritionnelles soulignent généralement l’importance de maintenir un apport suffisant en DHA tout au long de la grossesse, et souvent également durant la période d’allaitement, période pendant laquelle les besoins de la mère restent spécifiques (1)(2). Dans plusieurs travaux, les chercheurs s’intéressent particulièrement à la fin de la grossesse, moment où les besoins en DHA augmenteraient en lien avec la croissance rapide du cerveau et des yeux du bébé.
Il est ainsi fréquent de voir mentionnée une attention particulière aux apports en oméga-3 à partir du troisième trimestre (autour de la 25e semaine de grossesse) jusqu’à la fin de l’allaitement, dans le cadre d’une alimentation variée. La durée et les quantités exactes peuvent toutefois varier en fonction du profil individuel, des habitudes alimentaires et des conseils du professionnel de santé qui suit la grossesse.
De nombreuses recommandations insistent sur un apport régulier en oméga-3 tout au long de la grossesse, avec une attention particulière au troisième trimestre et pendant l’allaitement.
Précautions et avis médical
Avant d’introduire un complément d’oméga-3 pendant la grossesse, il est recommandé de demander conseil à un professionnel de santé (médecin, sage-femme, diététicien·ne). Celui-ci pourra vérifier que le complément est adapté à la situation individuelle, au reste des apports alimentaires et aux éventuels traitements en cours.
Par ailleurs, les autorités de santé rappellent souvent d’être attentif à la qualité des sources d’oméga-3, notamment pour les huiles de poisson, en raison de la possible présence de contaminants dans certains produits de la mer (2). Les compléments sérieux font l’objet de contrôles spécifiques et indiquent clairement la teneur en DHA/EPA, le mode de fabrication et les éventuelles certifications de pureté.
Conclusion
Les oméga-3, et en particulier le DHA, occupent une place importante dans les recommandations nutritionnelles autour de la grossesse. Commencer à les intégrer avant la conception, puis poursuivre une alimentation riche en sources d’oméga-3 pendant la grossesse et l’allaitement, s’inscrit dans une démarche globale de soutien au développement de l’enfant et au bien-être de la mère. Les recherches continuent d’explorer les liens entre ces acides gras et différents aspects du développement fœtal et postnatal, ce qui encourage à veiller à des apports adéquats, sans toutefois considérer les oméga-3 comme une solution médicale unique.
En pratique, une alimentation variée, éventuellement complétée par un supplément d’oméga-3 de qualité lorsque cela est jugé pertinent par un professionnel de santé, reste une approche fréquemment proposée pour accompagner au mieux cette période particulière de la vie.
Références
- Long-chain polyunsaturated fatty acids (LCPUFA) and pregnancy – Koletzko B. et al. – Annals of Nutrition and Metabolism – https://www.karger.com/Article/FullText/335778
- Scientific Opinion on Dietary Reference Values for fats, including saturated fatty acids, polyunsaturated fatty acids, monounsaturated fatty acids, trans fatty acids, and cholesterol – EFSA Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies (NDA) – EFSA Journal – https://efsa.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.2903/j.efsa.2010.1461
- Omega-3 fatty acids and maternal and neonatal health – Middleton P. et al. – Cochrane Database of Systematic Reviews – https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD003402.pub3

