Différence entre les vitamines D2 et D3
Leila WehrhahnMis à jour :Points essentiels en un coup d’œil :
La vitamine D se présente principalement sous les formes D2 et D3. La D3 est généralement considérée comme plus efficace pour augmenter les concentrations de 25(OH)D. La D2 peut être produite à partir de sources végétales et est couramment utilisée dans les produits véganes. Il existe également des formes véganes de D3 dérivées de lichens. Le statut en vitamine D est habituellement évalué par la mesure sanguine de la 25(OH)D. Des taux à partir de 50 nmol/l (20 ng/ml) sont souvent décrits dans la littérature scientifique comme adéquats. Dans de nombreuses régions, l’organisme peut produire de la vitamine D grâce à l’exposition au soleil pendant les mois les plus ensoleillés de l’année, tandis que la prise de compléments est souvent envisagée lors des périodes de faible ensoleillement. En l’absence d’une exposition solaire suffisante, certaines autorités en nutrition recommandent un apport de 20 µg par jour pour les adultes, avec un seuil maximal de 100 µg par jour pour les adultes fixé par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). La vitamine D étant liposoluble, elle est généralement prise avec un repas contenant des lipides et de manière régulière.
La vitamine D existe sous deux formes principales : D2 et D3. Toutes deux peuvent contribuer à augmenter votre statut en vitamine D, mais elles diffèrent par leur origine et leur comportement dans l’organisme. Cet article examine quelle forme pourrait vous convenir, comment aborder la question du dosage et quels éléments prendre en compte au moment de l’achat.
À la fin de votre lecture, vous saurez : quelles différences entre D2 et D3 sont réellement pertinentes dans la pratique, comment interpréter les valeurs de laboratoire, ce qui est saisonnièrement réaliste dans un climat nordique, et comment choisir un complément adapté.
Qu’est-ce que la vitamine D ? Bref aperçu
La vitamine D est une vitamine liposoluble que l’organisme peut en partie synthétiser lui‑même. Elle est formée dans la peau sous l’effet des rayons UVB, puis convertie en formes actives dans le foie et les reins. Pour évaluer l’apport en vitamine D, on mesure dans le sang le marqueur 25‑hydroxyvitamine D, abrégé en 25(OH)D [1].
La 25(OH)D dans le sang est le marqueur clé du statut en vitamine D. Cette valeur montre dans quelle mesure vous êtes bien pourvu et peut être convertie entre ng/ml et nmol/l.
Qu’est‑ce que cela implique pour le choix entre D2 et D3 ? La section suivante examine plus en détail les deux formes.
D2 (ergocalciférol) : origine, utilisation, particularités
La D2 se forme principalement dans les champignons et les levures lorsqu’ils sont exposés à la lumière UV. Elle est donc naturellement végane et est souvent utilisée dans les compléments alimentaires véganes ou les aliments enrichis.
Des appellations historiques telles que D1, D4 ou D5 proviennent des premières recherches sur les vitamines. Elles ne jouent pratiquement aucun rôle aujourd’hui dans l’alimentation ou les compléments alimentaires couramment utilisés.
Comment cela se compare‑t‑il à la D3 ? Nous clarifions cela directement ci‑dessous.
D3 (cholécalciférol) : synthèse cutanée, alimentation/compléments, options véganes
La D3 est produite dans votre peau à partir du 7‑déhydrocholestérol sous l’effet des UVB. On la trouve également dans certains aliments d’origine animale et c’est la forme la plus couramment utilisée dans les compléments alimentaires. Important pour les personnes suivant un régime végan : il existe aussi de la D3 végane issue de lichens, en plus de la forme classique provenant de la lanoline (laine de mouton).
Quelle forme élève le plus efficacement les taux sanguins ? La section suivante examine les données disponibles.

Capsules de Vitamine D3
D2 vs D3 : que montrent les données scientifiques ?
Bio‑disponibilité et demi‑vie
Les études suggèrent que la D3 tend à produire des taux de 25(OH)D plus stables que la D2. Dans les comparaisons directes, la D3 entraînait en moyenne une augmentation plus forte et plus durable de la 25(OH)D, en particulier en cas de prises plus importantes de type bolus [2]. (Voir PubMed : Tripkovic et al. 2012 – revue systématique D2 vs D3.)
Dans les études, la D3 augmente généralement davantage les taux sanguins de vitamine D que la D2. Les deux formes peuvent toutefois améliorer le statut en vitamine D.
Impact sur les taux de 25(OH)D
La méta‑analyse d’essais randomisés indique que la D3 augmente généralement la 25(OH)D plus efficacement que la D2 ; cette différence est moindre avec une prise quotidienne qu’avec des intervalles de prise plus espacés [2]. En pratique, cela parle souvent en faveur de la D3, tandis que la D2 demeure une option valable, en particulier si l’on privilégie un produit strictement végan. (Détails : Entrée PubMed pour la méta‑analyse de Tripkovic (2012).)
Qui peut privilégier quelle forme ?
- Alimentation végane : la D2 est végane ; il existe aussi de la D3 végane issue de lichens.
- Disponibilité : la D3 est largement disponible, avec une large gamme de produits (gouttes huileuses, gélules, comprimés).
- Préférences et tolérance individuelles : une prise régulière et cohérente est plus importante que la forme spécifique.
Cela couvre les principales différences. Nous examinons maintenant les fonctions officiellement attribuées à la vitamine D dans l’UE.
| Critère | Vitamine D2 (ergocalciférol) | Vitamine D3 (cholécalciférol) |
|---|---|---|
| Origine | Champignons/levures (végane) | Animale (lanoline) ou végane (lichens) |
| Augmentation des taux sanguins | Solide, parfois plus faible | Tendance à être plus forte et plus durable |
| Adéquation | Végane | Souvent non végane, sauf D3 issue de lichens |
| Disponibilité | Gamme de produits plus restreinte | Gamme de produits étendue |
Fonctions de la vitamine D en lien avec la santé
Les allégations suivantes sont autorisées au niveau européen (allégations de santé) :
- contribue au fonctionnement normal du système immunitaire,
- contribue à une absorption et une utilisation normales du calcium et du phosphore,
- contribue au maintien d’une calcémie normale,
- contribue au maintien d’une ossature, d’une fonction musculaire et de dents normales,
- joue un rôle dans le processus de division cellulaire.
Comment vous faire une idée du fait que votre apport est probablement suffisant ou non ? La section suivante aborde ce point.
Pratique : valeurs sanguines, plages cibles et sécurité
Comprendre la 25(OH)D et les unités
Pour évaluer le statut, on mesure la 25(OH)D dans le sérum. Une classification fréquemment utilisée (RKI, basée sur l’IOM/NAM et axée sur la santé osseuse) est la suivante : en dessous de 30 nmol/l (<12 ng/ml), on parle de carence ; 30–<50 nmol/l (12–<20 ng/ml) est considéré comme insuffisant, et ≥50 nmol/l (≥20 ng/ml) comme suffisant pour le maintien de la santé osseuse [1]. Les méthodes de mesure ont été standardisées ; des fluctuations saisonnières des taux sont normales. (Informations complémentaires : FAQ du RKI sur l’évaluation du statut en vitamine D (25(OH)D).)
La valeur de laboratoire 25(OH)D indique votre statut en vitamine D. À partir de 20 ng/ml (50 nmol/l), l’apport est généralement considéré comme suffisant pour la santé osseuse.
Prise : moment et association avec des graisses
- À prendre avec des graisses : la vitamine D est liposoluble ; quelques grammes de lipides alimentaires favorisent son absorption.
- Moment de la journée : secondaire – l’important est surtout la régularité (prise quotidienne ou selon un schéma défini).
- Dosage au quotidien : lorsque l’exposition au soleil est limitée, certains organismes d’experts suggèrent 20 µg/jour (800 UI) comme apport qui, sans synthèse cutanée, peut aider à atteindre ≥50 nmol/l [3]. (Source : Valeurs de référence et recommandations de la DGE pour la vitamine D.)
Sécurité : limites supérieures, interactions, précautions
- Apport maximal tolérable (UL) selon l’EFSA : 100 µg/jour (4000 UI) pour les adultes et les adolescents à partir de 11 ans ; 50 µg/jour pour les enfants de 1 à 10 ans ; 25 µg/jour pour les nourrissons [4]. Des prises régulières à fortes doses au‑delà de ces niveaux ne devraient se faire que sous supervision médicale. (Détails : EFSA 2023 – UL pour la vitamine D.)
- Interactions/affections sous‑jacentes : un avis médical est recommandé en cas de maladie rénale ou hépatique, de troubles du métabolisme du calcium (par ex. hyperparathyroïdie, sarcoïdose), pendant la grossesse/l’allaitement et en cas de prise de médicaments influençant le métabolisme de la vitamine D (par ex. certains anti‑épileptiques) [1]. (Voir aussi la liste de FAQ du RKI sur la vitamine D.)
- K2, magnésium, calcium – bref aperçu : atteindre un statut adéquat en vitamine D est une priorité essentielle. Il n’existe actuellement pas de preuve solide justifiant une obligation générale d’associer la vitamine D à la vitamine K2 ; les autorités ne formulent pas de recommandation systématique en ce sens [5]. (Contexte : Communiqué de presse du BfR 2023 sur les compléments à forte dose en vitamine D.)
Respectez des apports quotidiens raisonnables et les limites supérieures fixées par l’EFSA. Certaines pathologies sous‑jacentes et certains médicaments nécessitent un avis médical individualisé.
Dans quelle mesure est‑il réaliste d’obtenir suffisamment de vitamine D uniquement par l’exposition au soleil et l’alimentation dans un climat nordique ? La section suivante s’y intéresse.
Soleil, alimentation et compléments : que peut‑on attendre dans un climat nordique ?
Aspects saisonniers, type de peau, âge, écran solaire (bref et axé sur la sécurité)
Dans de nombreuses régions d’Europe du Nord, l’organisme peut généralement synthétiser de la vitamine D via les UVB entre environ mars et octobre ; d’octobre à mars, le rayonnement UVB n’est souvent pas suffisamment intense pour une synthèse cutanée significative [6]. De courtes périodes régulières passées à l’extérieur sont en général suffisantes, tout en évitant systématiquement les coups de soleil. Les journées fraîches et nuageuses, ainsi que des facteurs individuels (type de peau, âge, vêtements couvrants), réduisent davantage la synthèse [6,7]. (Voir FAQ du RKI sur la production saisonnière de vitamine D et Vue d’ensemble du BfS : rayonnement UV et vitamine D.)
En Europe du Nord, l’organisme produit généralement de la vitamine D via la lumière du soleil surtout au printemps et en été. En hiver, les compléments sont souvent un moyen pratique de soutenir les apports.
Sources alimentaires vs compléments
- Alimentation : contient en général des quantités modestes (par ex. poissons gras de mer, œufs, certains champignons). Beaucoup de personnes ne couvrent probablement pas leurs besoins uniquement par l’alimentation tout au long de l’année.
- Compléments : peuvent constituer un moyen pratique de combler des écarts – en particulier en hiver, en cas de faible exposition au soleil ou de profils alimentaires spécifiques. En cas d’incertitude concernant le dosage et les taux cibles, un dosage sanguin et un conseil personnalisé auprès d’un professionnel de santé peuvent être utiles. Voir aussi le guide sur la carence en vitamine D3 sur le blog Nordic Oil.
Si vous optez pour un complément, le guide de produits suivant peut vous aider dans votre choix.
Guide d’achat : critères à prendre en compte
D3 (y compris végane), D2, forme galénique, qualité
- Forme : D3 (issue de lanoline ou végane à partir de lichens) ou D2 (végane à partir de champignons).
- Forme galénique : gouttes huileuses (dosage précis et flexible, bonne absorption) ou gélules/comprimés.
- Pureté et qualité des matières premières : indication claire de l’origine, absence d’additifs superflus.
- Huile porteuse : par ex. MCT, huile d’olive ou de tournesol.
- Transparence : disponibilité de certificats/analyses de laboratoire (tests par lot).
Informations sur le produit
- Forme : vitamine D3 (cholécalciférol), origine : lanoline ou lichens (végane)
- Tenor : par ex. 1000 UI (25 µg) par goutte/gélule
- Huile porteuse : par ex. huile MCT ou huile d’olive
- Informations sur les allergènes, certificat d’analyse de laboratoire (rapport de test de lot)
Une fois la forme choisie, quelques questions de détail subsistent souvent. La FAQ ci‑dessous aborde les plus fréquentes.
FAQ
Oui. La D2 est végane et peut augmenter les taux de 25(OH)D. À titre alternatif, il existe de la D3 végane issue de lichens. Les points essentiels sont un dosage approprié et une prise régulière.
Dois‑je obligatoirement associer la vitamine D à la K2 ?Pas nécessairement. Il n’existe actuellement pas de base solide pour recommander de manière générale l’association systématique de la vitamine D et de la K2. Garantir un statut adéquat en vitamine D est considéré comme prioritaire [5]. (Contexte : Communiqué de presse du BfR 2023 sur les compléments en vitamine D à forte dose.)
Dois‑je prendre la vitamine D avec ou sans graisses ?Avec un peu de graisses alimentaires, car cela favorise en général l’absorption de la vitamine D.
Quel est le meilleur moment de la journée pour la prendre ?Le moment de la journée importe moins que la régularité. Prenez votre complément chaque jour ou selon le schéma convenu.
Qui devrait demander un avis médical avant de prendre de la vitamine D ?Cela concerne notamment les personnes atteintes d’une maladie rénale ou hépatique, de troubles du métabolisme du calcium, les femmes enceintes ou allaitantes, ainsi que les personnes prenant certains médicaments comme certains anti‑épileptiques [1]. (Plus d’informations : Liste de FAQ du RKI sur la vitamine D.)
Pour conclure, voici un bref récapitulatif du choix entre D2 et D3.
Conclusion
Lorsque vous avez le choix, la D3 est souvent une option pragmatique ; la D2 reste une bonne alternative végane. Plus important que la forme spécifique est la régularité de la prise, le choix d’une dose adaptée et, en cas de doute, la discussion de votre situation individuelle avec un professionnel de santé. Pour de nombreuses personnes en Europe du Nord, les compléments peuvent constituer un soutien utile, en particulier pendant les mois d’hiver.
Vous trouverez des informations complémentaires sur les causes possibles, les signes et les approches à envisager en cas de taux bas dans l’article de fond consacré à la carence en vitamine D3.
Références
- RKI : Comment le statut en vitamine D est‑il déterminé et évalué ? (25.01.2019). FAQ du RKI sur la 25(OH)D et l’évaluation du statut
- Tripkovic L. et al. Comparison of vitamin D2 and vitamin D3 in raising serum 25(OH)D: systematic review and meta‑analysis. Am J Clin Nutr. 2012. PubMed : Tripkovic 2012 – D2 vs D3
- DGE : Vitamine D – valeurs de référence et recommandations d’apport (20 µg/jour sans synthèse cutanée). Valeurs de référence de la DGE pour la vitamine D
- EFSA (2023) : Avis scientifique sur l’apport maximal tolérable (UL) pour la vitamine D. UL : 100 µg/jour pour les adultes et les 11–17 ans ; 50 µg/jour pour les enfants de 1–10 ans ; 25 µg/jour pour les nourrissons. EFSA Journal 2023 : UL pour la vitamine D
- BfR (2025) : Compléments alimentaires à forte dose contenant de la vitamine D – y compris commentaires sur l’association avec la vitamine K. Communiqué de presse du BfR 2023 : vitamine D à forte dose
- RKI/BfS : Disponibilité saisonnière des UVB en Europe du Nord (synthèse typique de mars à octobre). FAQ du RKI : production saisonnière de vitamine D, BfS : effets des UV et vitamine D

