Le CBD est-il légal au Zimbabwe ?
David ReichMis à jour :Les choses les plus importantes en bref
Au Zimbabwe, le CBD est juridiquement assimilé au cannabis et reste une « drogue dangereuse » pour le grand public. Seule la production à des fins médicales ou scientifiques, par des acteurs titulaires d’une licence délivrée par la MCAZ, est légale et principalement orientée vers l’exportation. Il n’existe ni seuil de THC toléré, ni marché de détail ou exception pour les voyageurs. Importer, posséder ou acheter du CBD sans autorisation spécifique expose à des sanctions pénales. Depuis la France, il est donc fortement déconseillé d’emporter du CBD au Zimbabwe.
Comprendre le statut juridique du CBD au Zimbabwe
Avant de voyager au Zimbabwe avec du CBD ou d'en envisager l'achat sur place, il est crucial de comprendre les lois et régulations locales concernant le cannabis et le Cannabidiol. Cet article se propose d'éclaircir la situation juridique du CBD au Zimbabwe et de donner des conseils pratiques, notamment si vous voyagez depuis la France.
Le CBD au Zimbabwe est rattaché au droit général sur le cannabis : il ne s’agit pas d’un produit libre, mais d’une substance strictement encadrée.
Qu'est-ce que le CBD?
Le Cannabidiol, plus connu sous l'acronyme CBD, est l'un des nombreux composés présents dans la plante de cannabis. Contrairement au THC, le CBD n'a pas d'effet psychoactif et est souvent utilisé à des fins médicales pour soulager la douleur, l'anxiété et d'autres symptômes. Des études suggèrent également un intérêt potentiel dans la prise en charge de certaines formes d'épilepsie, de troubles inflammatoires et de problèmes de sommeil (1).
Il est important de comprendre que, dans de nombreux pays, le CBD n’est pas traité séparément du cannabis dans les textes juridiques : il est souvent inclus dans la définition générale de la plante ou de ses extraits. C’est précisément le cas au Zimbabwe, où le droit parle surtout de « cannabis » et de « drogues dangereuses » sans distinguer clairement le CBD isolé.
Au Zimbabwe, le CBD est juridiquement rattaché au cannabis en général : il ne bénéficie pas d’un statut autonome dans la loi.
Le statut juridique du CBD au Zimbabwe
En 2018, le Zimbabwe est devenu l'un des premiers pays africains à légaliser la production de cannabis à des fins médicales et scientifiques. Cette réforme est intervenue via le Statutory Instrument 62 of 2018, intitulé « Dangerous Drugs (Production of Cannabis for Medicinal and Scientific Use) Regulations, 2018 », pris en application du Dangerous Drugs Act [Chapter 15:02] (2)(3). Elle vise essentiellement la culture et la production encadrées de cannabis, principalement pour l’exportation et pour la recherche.
Cependant, cette légalisation ne crée pas un marché de détail pour les particuliers, ni un droit général de consommer ou de posséder du CBD. Les textes réglementaires définissent le « cannabis » de manière large, ce qui inclut les préparations riches en THC mais aussi, en pratique, les extraits comme les huiles ou autres produits susceptibles de contenir du CBD (4). Il n’existe pas à ce jour de seuil de THC « toléré » dans les produits pour qu’ils soient considérés comme légaux en vente libre, contrairement à ce que l’on peut connaître en Europe.
La loi zimbabwéenne sur les drogues dangereuses (Dangerous Drugs Act) contrôle la production, l'importation, l'exportation, la possession, la vente et l'utilisation de nombreuses substances, dont le cannabis (2). Selon ce texte et ses règlements d’application, la possession et l'utilisation de substances à base de cannabis, y compris les extraits, sont illégales sans licence ou autorisation spécifique délivrée par les autorités compétentes. Cela implique que, même si le CBD est un composé non psychoactif, sa détention sans cadre médical ou scientifique agréé peut être considérée comme illégale.
Le cannabis médical est légal au Zimbabwe mais uniquement dans un cadre très encadré ; pour les particuliers, la possession de CBD reste assimilée à la possession de cannabis.
CBD, cannabis médical et usage récréatif
Le modèle zimbabwéen repose sur une logique de production industrielle et de contrôle strict. Les licences délivrées par la Medicines Control Authority of Zimbabwe (MCAZ) permettent à des opérateurs agréés de cultiver et de transformer le cannabis pour des usages médicaux et scientifiques, essentiellement destinés à l’exportation (2)(5). La consommation locale de cannabis produit au Zimbabwe est, selon les autorités, limitée à des activités de recherche et développement.
En parallèle, le cannabis à usage récréatif reste strictement illégal. La possession non autorisée de cannabis (et donc de produits assimilés) peut entraîner de lourdes peines, allant de fortes amendes à des peines de prison pouvant atteindre plusieurs années, en fonction de la quantité et des circonstances (6). Dans ce contexte, le CBD n’est pas considéré comme un complément alimentaire ou un produit de bien-être comme en France, mais comme un dérivé de cannabis soumis au même régime général de prohibition pour le grand public.
Obtenir une licence pour le CBD au Zimbabwe
Le gouvernement zimbabwéen a mis en place un processus de demande de licence pour ceux qui souhaitent cultiver, produire ou utiliser le cannabis à des fins médicales et scientifiques. Ces licences sont délivrées dans le cadre du Statutory Instrument 62 of 2018 et sont administrées par la MCAZ (2)(3). Deux grands types de licences existent : l’une pour la culture et la recherche, l’autre pour la culture et la production en vue de l’exportation.
Dans la pratique, l’obtention d’une telle licence est un processus complexe, encadré par des exigences techniques strictes (sécurité du site, traçabilité, bonnes pratiques de production) et surtout très coûteux. Les frais liés aux demandes de licence, au renouvellement et aux autorisations d’import/export sont significatifs et visent surtout des investisseurs ou des entreprises à grande échelle (3)(7). Pour les particuliers, y compris les patients, il n’existe actuellement aucun mécanisme simple pour obtenir une autorisation individuelle d’importer ou de posséder du CBD pour un usage personnel.
Les licences cannabis au Zimbabwe sont réservées à des acteurs industriels ou institutionnels ; les particuliers ne disposent pas de voie simple pour légaliser leur CBD personnel.
Importation et achat de CBD au Zimbabwe
En ce qui concerne l'importation et l'achat de CBD au Zimbabwe, la situation est particulièrement restrictive. En vertu du Dangerous Drugs Act, l’importation et l’exportation de cannabis et de ses dérivés ne sont possibles que sous licence spécifique délivrée par le ministre de la Santé ou par l’autorité compétente (2)(8). Sans une licence appropriée, l'importation de CBD est donc considérée comme illégale.
Les lignes directrices et FAQ de la MCAZ sur le cannabis médical précisent que seules les entités et praticiens autorisés peuvent importer des médicaments à base de cannabis ; les particuliers ne sont pas éligibles à ces procédures (2)(5). Cela vaut aussi bien pour les huiles, capsules ou extraits contenant du THC que pour les produits riches en CBD. En d’autres termes, arriver à l’aéroport avec de l’huile de CBD, même achetée légalement en France, peut être considéré comme une importation non autorisée d’un produit dérivé du cannabis.
En ce qui concerne l’achat sur place, même si la production de cannabis médical est légale, il n'existe pas de réglementations claires permettant la vente au détail de CBD au Zimbabwe, ni de réseau officiel de pharmacies proposant des produits CBD aux patients sur ordonnance comme dans certains autres pays. Les analyses récentes de la situation du cannabis médical au Zimbabwe soulignent l’absence de véritable filière de prescription et de distribution aux patients nationaux (6). Par conséquent, il peut être très difficile – voire impossible légalement – de trouver des produits CBD conformes et autorisés sur le marché local pour un particulier étranger.

Huile de CBD (10%) PLUS
Sans licence spécifique, l’importation et l’achat de CBD au Zimbabwe sont considérés comme illégaux, et il n’existe pas de marché grand public du CBD sur place.
Voyager avec du CBD de la France vers le Zimbabwe
Si vous voyagez depuis la France vers le Zimbabwe avec du CBD, il est essentiel de prendre en compte les législations des deux pays. En France, les produits à base de CBD sont tolérés sous conditions strictes, notamment l’absence d’effet psychotrope et un taux de THC ne dépassant pas les seuils réglementaires, ainsi qu’une origine issue de variétés autorisées (9). Beaucoup de consommateurs français sont donc habitués à transporter leur huile ou leurs gélules de CBD sans problème à l’intérieur de l’espace européen.
Une fois que vous quittez la France, c’est cependant la loi du pays de destination qui s’applique. Au Zimbabwe, comme expliqué plus haut, le CBD est assimilé à un dérivé de cannabis et non à un simple complément de bien-être. Il n’existe pas de régime d’exception pour les voyageurs, ni de procédure simplifiée vous permettant de déclarer votre CBD à la douane avec un simple certificat médical ou une facture. L’introduction de tels produits sur le territoire peut être interprétée comme une importation illégale d’une drogue dangereuse (2)(6).
Concrètement, cela signifie que :
- Transporter du CBD dans vos bagages (même en petite quantité) comporte un risque légal réel.
- Une simple justification médicale ou le fait que le produit soit légal en France ne suffit pas à le rendre légal au Zimbabwe.
- En cas de contrôle, les autorités peuvent confisquer le produit, engager des poursuites, voire appliquer des sanctions pénales en fonction de l’interprétation de la loi et de la quantité transportée.
Pour ces raisons, il est fortement déconseillé de voyager vers le Zimbabwe avec du CBD, même pour un usage strictement personnel. Avant tout déplacement, il est recommandé de vérifier auprès de l’ambassade ou du consulat du Zimbabwe, ainsi que de consulter un professionnel du droit, pour obtenir des informations actualisées et adaptées à votre situation personnelle.
Depuis la France, mieux vaut éviter d’emmener du CBD au Zimbabwe : la loi locale assimile ces produits au cannabis et ne prévoit pas d’exception pour les voyageurs.
Conclusion
En résumé, le CBD se trouve dans une zone grise juridique au Zimbabwe, mais cette « zone grise » est largement à votre désavantage en tant que voyageur. Bien que la production de cannabis à des fins médicales et scientifiques soit légale et encadrée pour des opérateurs agréés, l'utilisation, la possession et l'importation de CBD sans licence appropriée sont considérées comme illégales pour le grand public (2)(3)(6).
Si vous envisagez d’apporter du CBD au Zimbabwe ou d'en acheter sur place, la prudence s’impose. Il est fortement conseillé de :
- Renoncer à transporter du CBD dans vos bagages lors d’un voyage vers le Zimbabwe.
- Vous renseigner auprès des autorités locales (ambassade, consulat, douanes, Ministère de la Santé) avant votre départ pour obtenir une confirmation officielle et à jour.
- Respecter strictement les lois en vigueur sur place afin d’éviter tout risque de confiscation, d’amende ou de poursuites pénales.
Dans un contexte où le cadre légal du cannabis évolue encore dans de nombreux pays, il est essentiel de ne pas transposer la situation française au reste du monde : un produit légal ou toléré en France peut rester une « drogue dangereuse » ailleurs, comme c’est le cas pour le CBD au Zimbabwe.
Références
- Overview of cannabidiol (CBD) – Various authors – World Health Organization / publications scientifiques – https://www.who.int
- Medicinal Cannabis – Medicines Control Authority of Zimbabwe (MCAZ) – Site officiel – https://www.mcaz.co.zw/medicinal-cannabis
- Statutory Instrument 62 of 2018 – Dangerous Drugs (Production of Cannabis for Medicinal and Scientific Use) Regulations, 2018 – Veritas & Government Gazette – https://www.veritaszim.net
- Medicinal Cannabis FAQs – MCAZ – MCAZ-LED-FAQ-02 (Feb 2025) – https://www.mcaz.co.zw
- Guidelines on the Production of Cannabis for Medicinal and Scientific Use – MCAZ – MCAZ/LED/GL-20 – https://www.mcaz.co.zw
- The State of Cannabis-Based Medicine in Southern Africa – Cannaspecialists.org – https://www.cannaspecialists.org
- Govt amends mbanje-growing regulations – NewsDay Zimbabwe / Commercial Farmers’ Union of Zimbabwe – https://cfuzim.org
- Dangerous Drugs Act [Chapter 15:02] – ZimLII – https://zimlii.org
- Réglementation du CBD en France – Ministère de la Santé / Légifrance – https://www.legifrance.gouv.fr

