Comment la vitamine D3 est-elle produite ?

Leila WehrhahnMis à jour :

Les choses les plus importantes en bref

La vitamine D3, liposoluble, est essentielle pour l’absorption du calcium et du phosphore, ainsi que pour l’immunité. Elle est produite à partir de lanoline de mouton ou de lichens, exposés aux UV, ce qui donne une D3 chimiquement identique, naturelle ou industrielle. La vitamine D2, d’origine végétale (champignons, levures), a un effet similaire mais moins puissant. Le corps peut synthétiser la vitamine D via l’exposition modérée au soleil, mais de nombreux facteurs limitent cette production, rendant parfois les compléments nécessaires.

La vitamine D3, également connue sous le nom de cholécalciférol, est une vitamine liposoluble qui joue un rôle important dans le maintien de l’équilibre de notre organisme. Elle contribue notamment à la régulation de l'absorption du calcium et du phosphore, soutient le fonctionnement normal du système immunitaire et a fait l’objet de nombreux travaux scientifiques en lien avec l’humeur et le bien-être psychologique (1)(2). Mais comment est produite la vitamine D3 ? C'est ce que cet article va explorer, en distinguant les sources naturelles, les procédés industriels et les alternatives végétales.

Comment est produite la vitamine D3 ?

La vitamine D3 est produite à partir de deux sources principales pour un usage complémentaire : la lanoline de mouton et les lichens. La lanoline est une substance grasse extraite de la laine de mouton, tandis que les lichens sont un organisme résultant d’une association symbiotique entre une algue et un champignon. Chacune de ces sources est exposée à des rayons UVB ou UVC, ce qui induit la formation de précurseurs de la vitamine D3 qui sont ensuite transformés en cholécalciférol.

Peu importe la source de départ, la structure chimique de la vitamine D3 reste la même, de sorte que son profil moléculaire est identique pour le corps humain (3). C’est pourquoi, du point de vue chimique, la vitamine D3 issue de lanoline ou de lichens est considérée comme équivalente.

📋 Pour résumer

La vitamine D3 destinée aux compléments provient surtout de la lanoline de mouton ou de lichens, mais sa structure finale reste la même, quelle que soit la source.

Comment la vitamine D est-elle produite industriellement ?

La production industrielle de vitamine D3 implique généralement l'exposition de la lanoline de mouton ou de certains tissus animaux (comme les organes de poissons, en particulier le foie) aux rayons UVB et UVC. Ce procédé photochimique et thermique permet de convertir un stérol naturellement présent, le 7‑déhydrocholestérol, en pré-vitamine D3, puis en vitamine D3 après une étape de chauffage contrôlé (4).

Une fois cette réaction réalisée, la vitamine D3 est purifiée afin d’éliminer les impuretés et d’obtenir une substance standardisée, adaptée à la formulation de compléments alimentaires ou à l’enrichissement de certains aliments. La vitamine D3 produite industriellement présente la même structure que celle produite naturellement par les animaux ou issue de certaines sources végétales comme les lichens.

Des études ont montré que la vitamine D3 est généralement plus efficace que la vitamine D2 pour augmenter et maintenir les taux sanguins de 25‑hydroxyvitamine D, le principal marqueur utilisé pour évaluer le statut en vitamine D (5). Vous pouvez approfondir vos connaissances sur les aspects industriels de la vitamine D3 ici.

📋 Pour résumer

Industriellement, on expose des précurseurs comme le 7‑déhydrocholestérol à des UV, puis on purifie la vitamine D3 obtenue pour l’utiliser dans les compléments et aliments enrichis.

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Comment la vitamine D végétale est-elle obtenue ?

La vitamine D végétale, ou vitamine D2 (ergocalciférol), est produite par certaines plantes, champignons et levures en réponse à l'exposition à la lumière UV. Les champignons et les levures sont les sources les plus courantes de vitamine D2, bien qu'une variété d'autres organismes, y compris certains lichens, puissent également en produire lorsqu’ils sont soumis à des rayonnements ultraviolets (6).

Dans la nature, la vitamine D2 est formée à partir de l’ergostérol, un stérol fongique, qui se transforme en pré‑vitamine D2 sous l’effet des UV, puis en vitamine D2 après une étape de réarrangement thermique. Ce mécanisme est proche de celui observé pour la vitamine D3, mais implique un précurseur différent. La vitamine D2 peut être utilisée pour enrichir certains aliments d’origine végétale ou pour formuler des compléments végétaliens.

Sur le plan fonctionnel, la vitamine D2 contribue, tout comme la D3, au métabolisme normal du calcium et du phosphore. Cependant, la littérature scientifique suggère que la vitamine D2 pourrait être moins efficace que la vitamine D3 pour augmenter et stabiliser les concentrations sanguines de vitamine D sur le long terme (5)(7). Le choix entre D2 et D3 dépend donc souvent des préférences alimentaires (par exemple végétalisme) et des recommandations individuelles d’un professionnel de santé.

📋 Pour résumer

La vitamine D2 est produite par des champignons, levures et certains lichens exposés aux UV, et constitue une option végétale, même si la D3 semble souvent plus efficace pour augmenter les taux sanguins.

Peut-on fabriquer soi-même de la vitamine D ?

La vitamine D est en effet l'une des rares vitamines que le corps humain est capable de produire lui-même. Cela se produit lorsque la peau est exposée à la lumière du soleil, plus précisément aux rayons ultraviolets B (UVB). Sous cette exposition, le 7‑déhydrocholestérol présent dans la peau est converti en pré‑vitamine D3, puis en vitamine D3 active après une transformation thermique dans l’organisme (4).

Pour cette raison, un bain de soleil modéré et régulier peut contribuer à maintenir des niveaux adéquats de vitamine D, selon la durée d’exposition, la surface de peau découverte et l’intensité du rayonnement solaire. Toutefois, il n’existe pas de recommandation universelle de durée d’exposition, car la quantité de vitamine D que le corps peut produire de cette manière est influencée par de nombreux facteurs : type de peau, âge, latitude, saison, heure de la journée, vêtements portés, utilisation de protection solaire, pollution atmosphérique, etc. (8)

Dans certaines régions ou à certaines périodes de l’année, l’ensoleillement peut être insuffisant pour couvrir les besoins individuels, notamment en hiver ou chez les personnes qui passent peu de temps à l’extérieur. C’est pourquoi de nombreux organismes de santé publique s’intéressent à l’apport global en vitamine D, en combinant alimentation, exposition solaire raisonnable et, le cas échéant, recours à des compléments lorsque cela est jugé approprié par un professionnel de santé (8)(9). Vous pouvez en apprendre plus sur le sujet ici.

📋 Pour résumer

Notre peau peut produire de la vitamine D3 grâce aux UVB, mais la quantité formée dépend fortement de facteurs individuels et environnementaux comme la saison, la latitude et le type de peau.

Conclusion

La vitamine D3 est une forme de vitamine D largement étudiée, impliquée dans l’absorption du calcium et du phosphore, ainsi que dans le soutien du fonctionnement normal du système immunitaire (1)(3). Elle peut être produite par l’organisme via l’exposition au soleil, mais aussi obtenue à partir de sources animales (lanoline, poissons) ou végétales (lichens) grâce à des procédés industriels standardisés.

Bien que notre corps soit capable de produire cette vitamine en réponse à l'exposition au soleil, de nombreuses personnes ne reçoivent pas suffisamment de lumière solaire pour répondre à leurs besoins potentiels en vitamine D, en particulier dans les régions peu ensoleillées ou pendant l’hiver. Dans ces situations, l’alimentation enrichie et, si besoin, les compléments de vitamine D3 ou D2, peuvent être envisagés comme des outils pour soutenir un statut adéquat en vitamine D, en accord avec les recommandations d’un professionnel de santé qualifié (8)(9). L’objectif reste d’adapter l’apport global à chaque profil, en tenant compte du mode de vie, de l’alimentation et des conditions environnementales.

📋 Pour résumer

Entre production cutanée, alimentation et compléments, la vitamine D3 peut provenir de plusieurs sources ; l’idéal est d’adapter l’apport à son mode de vie et aux recommandations de son professionnel de santé.

Références

  1. Vitamin D and immune function – Aranow C. – Journal of Investigative Medicine – https://doi.org/10.2310/JIM.0b013e31821b8755
  2. Vitamin D and depression: A systematic review and meta-analysis comparing studies with and without biological flaws – Spedding S. – Nutrients – https://doi.org/10.3390/nu6051501
  3. Vitamin D3: A review of deficiency, sufficiency and health outcomes – Holick M.F. – Nature Reviews Endocrinology – https://www.nature.com/articles/nrendo.2011.146
  4. Vitamin D: Physiology, Molecular Biology, and Clinical Applications – Holick M.F. – Humana Press – https://link.springer.com/book/10.1007/978-1-60327-303-9
  5. Comparison of vitamin D2 and vitamin D3 supplementation in raising serum 25-hydroxyvitamin D status: A systematic review and meta-analysis – Tripkovic L. et al. – American Journal of Clinical Nutrition – https://doi.org/10.3945/ajcn.113.050164
  6. Vitamin D2 mushroom sources and bioavailability – Simon R.R. et al. – Nutrition Today – https://journals.lww.com/nutritiontodayonline/Abstract/2011/11000/Vitamin_D_Mushroom_Sources_and_Bioavailability.7.aspx
  7. Relative efficacy of vitamin D2 and vitamin D3 in humans – Houghton L.A., Vieth R. – American Journal of Clinical Nutrition – https://doi.org/10.1093/ajcn/84.4.694
  8. Vitamin D and health in adults in Europe – Cashman K.D., Kiely M. – British Journal of Nutrition – https://doi.org/10.1017/S0007114514001996
  9. Global vitamin D status and determinants of hypovitaminosis D – Mithal A. et al. – Osteoporosis International – https://doi.org/10.1007/s00198-008-0713-5

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